Conseils pour la prière

Tu te réjouis en moi tel que je suis

Cher Seigneur, une des plus belles cartes que j’aie jamais reçues n’avait que quatre mots dessus : « Je t’aime tout simplement. » À cette époque, c’était exactement ce dont j’avais le plus besoin d’entendre. Et, Seigneur, j’ai toujours besoin de l’entendre de toi.

Cela m’a beaucoup aidé quand, il y a quelques années, le pape François a écrit dans *La Joie de l’Évangile* (n° 6) : « En fin de compte, nous sommes infiniment aimés ». Cette affirmation puissante à ton sujet, ô Dieu, signifie que peu importe à quel point je te déçois, tu te réjouis en moi tel que je suis. Je suis aimé de manière radicale ; tu es totalement positif à mon sujet. Les thérapeutes essaient, avec plus ou moins de succès, de développer un regard positif inconditionnel pour leurs clients, sinon la relation thérapeutique ne pourra jamais s’établir. Cela reflète, au niveau humain, ta considération envers chacun d’entre nous. La relation entre toi et moi ne peut s’épanouir que dans cette atmosphère. Alors permets-moi de croire que, quelles que soient les histoires négatives que je porte en moi depuis l’enfance, personne ne peut m’aimer comme tu le fais, que tu ne vous détournes jamais de moi par désespoir ou par ennui, et que rien ne peut accroître ni diminuer ton amour pour moi.

Brian Grogan SJ, « Je suis infiniment aimé »

Pour en savoir davantage

Accepter et apprécier la beauté que nous voyons

Ce voyage qu’est la vie est parfois rempli d’une telle beauté. Nous aurions tous intérêt à ralentir le rythme et à apprécier cette beauté plus souvent. Trop souvent, nous la laissons passer sans la remarquer. Il nous arrive pourtant parfois de la saisir. Parfois, nous prenons conscience d’être en présence de la beauté, et nous nous autorisons à suspendre le temps – pour rester dans cette présence. Dans ces moments-là, nous sommes suffisamment conscients pour faire réellement l’expérience de la beauté. Même si ces moments ne se produisent pas très souvent, lorsqu’ils surviennent, ils sont souvent très émouvants. Ils nous relient à une vérité fondamentale : quelle que soit la souffrance qui existe dans le monde (et il y a de la souffrance dans ce monde) et dans nos vies (il y a et il y aura de la souffrance dans nos vies), la beauté existe aussi. Nous ne pouvons pas expliquer pourquoi c’est comme ça; nous pouvons seulement accepter que c’est comme ça.
Cette histoire d’acceptation est difficile à réaliser. Cependant, en acceptant la souffrance, nous sommes également libres d’accepter et d’apprécier d’autant plus la beauté que nous voyons et expérimentons dans le monde.
Essayez de prier pour les autres : gardez près de votre cœur, dans la prière, tous ceux qui souffrent en ce moment ; gardez près de votre cœur, dans la prière, tous ceux qui sont malades ; gardez près de votre cœur, dans la prière, tous ceux qui ne voient pas ou ne peuvent pas voir la beauté dans leur vie en ce moment.

Jim Deeds et Brendan McManus SJ, « Trouver Dieu au milieu du chaos »

Pour en savoir davantage

Vous recevrez un don en échange de votre « oui »

Dire « oui » est un élément essentiel de notre relation avec Dieu ; c’est notre liberté de dire « non ». Tant de fois dans ma vie, quand j’y repense aujourd’hui, je vois clairement que j’ai dit « non » (même si, à l’époque, je ne comprenais pas que c’était dire « non » à Dieu). Dieu merci, je me souviens aussi de moments où j’ai dit « oui ». Dire « oui » à Dieu nous permet d’être une présence vivante d’amour, de joie et de miséricorde dans ce monde. Notre « oui » nous conduit toujours à nous aimer et à nous valoriser nous-mêmes, ainsi que les autres et le monde qui nous entoure.
Dans l’histoire et la tradition chrétiennes, de nombreuses personnes ont dit « oui » : Marie, Jérémie, Moïse et Pierre, par exemple. Leurs « oui » ont compté. Ils ne savaient peut-être pas exactement à quoi ils disaient « oui », mais ils avaient la sagesse de savoir que c’était Dieu qui leur demandait et qu’ils devaient répondre « oui ».
Si vous êtes confronté à un « oui » difficile, rappelez-vous que vous êtes en bonne compagnie aux côtés de ceux que nous venons de citer. Sachez également ceci : ceux qui disent « oui » reçoivent un don en échange de ce « oui » (c’est ainsi que Pierre, le pêcheur sans instruction, est devenu un érudit et le chef de file d’un nouveau mouvement – un saint). Vous aussi, vous recevrez un don en échange de votre « oui ».

Jim Deeds et Brendan McManus SJ, « Trouver Dieu au milieu du chaos »

Pour en savoir davantage

Toute bonne action accomplie dans l’amour a une valeur éternelle

Nos efforts peuvent sembler modestes et futiles, mais de nombreux épisodes de l’Évangile révèlent comme un motif récurrent que s’intéresse aux petites gens et aux petites choses. Pensez à l’offrance de la veuve et à la multiplication des pains et des poissons (Marc 12,41-44 ; 8,1-9). À Cana, la simple eau est transformée en le meilleur des vins (Jean 2,1-12) ; lors de la dernière Cène, le simple pain et le vin deviennent le corps et le sang du Seigneur (Luc 22,19-20). La vie de chaque personne, aussi cachée soit-elle, a une influence sur toutes les autres (Romains 14:7). Toute bonne action, aussi petite soit-elle, accomplie dans l’amour, a une qualité éternelle, car l’amour n’a pas de fin (1 Corinthiens 13:8) et nous récolterons sa récompense au moment de la moisson (Galates 6:9). Cela donne espoir que nos minuscules contributions au nom de notre planète malade portent leur propre valeur symbolique. Julian of Norwich exprime cet espoir :

Dieu m’a montré une petite chose, de la taille d’une noisette, qui se trouvait dans la paume de ma main. Je l’ai regardée et j’ai pensé : « Qu’est-ce que c’est ? » Et il me fut répondu : « C’est tout ce qui est fait ». Je me demandais comment cela pouvait durer, car je pensais que cela pouvait soudainement être réduit à néant à cause de sa petitesse. On me répondit : « Cela dure et durera toujours, car Dieu l’aime. Et c’est ainsi que tout commence par l’amour de Dieu ». Dans cette petite chose, j’ai vu trois vérités : la première est que Dieu l’a faite ; la deuxième que Dieu l’aime ; et la troisième que Dieu la garde en sécurité.

Brian Grogan SJ, Creation Walk : The Amazing Story of a Small Blue Planet (La marche vers la création : l’histoire étonnante d’une petite planète bleue)

Pour en savoir davantage

Les merveilles que le Tout-Puissant a faites pour nous

Bien que Marie n’ait parlé que quelques fois dans le Nouveau Testament, sa personnalité et son caractère ont parlé à d’innombrables croyants depuis lors. Et pas seulement aux catholiques. Marie attire des millions de personnes dans les sanctuaires du monde entier. Outre les sanctuaires bien connus de Guadalupe, Lourdes et Fatima, il existe de nombreux autres sanctuaires mariaux dans le monde qui attirent des croyants d’autres religions.

La vie de Marie a consisté en un oui en rép
onse à un amour qui a dépassé tous ses rêves d’amour. Marie a pris une décision en réponse à un don. Elle a reçu le don d’une rencontre avec Dieu qui s’est approché d’elle au point que la chair humaine de son Fils unique s’est nouée dans son sein. Au cœur de la vie de Marie se trouve cette histoire d’amour avec Dieu, une histoire d’amour qui, idéalement, peut aussi être au cœur de nos vies.

Comme toute bonne mère, Marie nous met en contact avec la dimension affective de notre vie et nous libère pour être réceptifs à Dieu. Le premier pas vers Dieu n’est pas une question de théorie. Ce n’est pas non plus un exercice de volonté. Il s’agit plus souvent d’ouvrir le flux de base de notre vie afin que nous soyons prêts à aller vers la confiance, la bonté et l’amour. Nous nous enlisons facilement dans des façons de faire dépassées. Mais la rencontre avec la profondeur de Marie est une invitation humble à vivre à partir des profondeurs de nous-mêmes. Elle nous aide à aller plus loin que notre moi superficiel et à nous ancrer dans un enracinement qui remonte aux générations d’Abraham et de Sarah, et qui leur est même antérieur. Elle nous aide à voir les merveilles que le Tout-Puissant a faites pour nous. Elle nous permet de nous réjouir en Dieu notre Sauveur.

Thomas G. Casey SJ, Marie dans les différentes traditions

Pour en savoir davantage

S’ouvrir à la grâce de connaître la divinité et l’humanité du Christ

Le mont Thabor est le lieu où Pierre, Jacques et Jean ont vu Jésus dans l’éclat de sa gloire. Ils ont vu la divinité qui était cachée par l’humanité. Ce jour est l’aube de la foi des apôtres en qui Jésus est, et en sa vie divine. Dans son humanité et son identité totale, il est l’image de Dieu. Ils l’ont reconnu parce qu’ils le connaissaient en tant qu’homme. Puis ils ont entendu la voix qui disait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé » (Matthieu 17,5).

Cette voix avait déjà parlé avant – au baptême de Jésus. Mais à ce moment-là elle n’avait été entendue que par Jésus. Maintenant, Jésus est révélé à ses disciples comme Fils de Dieu. « Voici mon fils bien-aimé ». La suite est intéressante. Dieu dit alors : « Écoutez-le ». L’écoute de la parole de Dieu est l’une des grâces les plus importantes du chrétien. À la messe, nous nous inclinons devant le lieu de la Parole – c’est le Christ qui parle dans la lecture de la Parole – comme nous nous inclinons devant le pain et le vin sur l’autel. Dans la parole et le sacrement, Jésus parle et est présent dans l’Église.

Jésus a aussi parlé du futur, en faisant savoir aux apôtres que ce jour ne serait pleinement compris que quand il serait ressuscité d’entre les morts. Ils saisiraient alors toute la signification de la Transfiguration et pourraient prendre un peu de temps pour s’interroger sur ce que signifiait « ressusciter d’entre les morts ».

Pierre, Jacques et Jean se rappelleraient toujours de ce jour. Pierre l’a d’ailleurs raconté dans sa première lettre. Nous pouvons nous ouvrir à cette grâce de connaître la divinité et l’humanité du Christ et de croire au plus profond de notre cœur qu’un jour nous serons transfigurés, de sorte que nos corps mortels seront semblables aux siens.

Donal Neary SJ, Le messager du Sacré-Cœur, août 2024

Pour en savoir davantage

Notre objectif est de vivre pleinement en présence de Dieu.

Lorsque nous avons une bonne relation avec Dieu, le mauvais esprit essaie de nous perturber en nous rendant anxieux, frustrés, insatisfaits et tristes. Nous ne devons pas entrer dans son jeu en nous engageant dans la tentation ou en argumentant avec ces pensées ou incitations inutiles. Si nous le faisons, nous perdrons probablement la bataille. Au lieu de cela, nous devons retourner calmement en présence de Dieu. Comme le dit le livre de l’Exode, « Le Seigneur combattra pour vous, et vous, vous n’aurez rien à faire. » (Exode 14:14).
L’exemple de Marie nous enseigne que la joie authentique vient de l’union avec la source de toute vraie joie : Dieu. Plus nous sommes unis à Dieu, moins nous sommes perturbés par les angoisses, les peurs et les douleurs. Nous n’avons pas besoin de nous défendre contre ces incursions, car la présence de Dieu elle-même est notre défense. Même quand Marie était sur terre, c’était comme si elle était déjà au ciel, parce qu’elle était pleinement en présence de Dieu, adorant toujours celui qui la remplissait de lumière et de joie. Et alors que sa vie touchait à sa fin, la lumière qui avait toujours brillé dans son cœur est devenue de plus en plus intense. Elle a attiré tout son être vers le haut, comme si elle voulait l’arracher à la terre et l’entraîner là où son esprit s’élevait déjà, pour qu’elle puisse chanter son beau Magnificat en remerciement à Dieu pour les siècles des siècles.

Thomas Casey SJ, Sourire de joie : Marie de Nazareth

Pour en savoir davantage

Contemplation – Un long regard amoureux sur le réel

Nous cherchons autour de nous les signes de Dieu et nous essayons de trouver la vie divine au cœur de la réalité. Ignace n’a laissé aucune règle détaillée sur la quantité de prière que ses disciples devraient entreprendre. Au lieu de ça, il a demandé que nous gardions Dieu toujours devant nos yeux. C’est la contemplation en action. C’est un défi de taille, mais nous savons ce que c’est que de faire quelque chose, que ce soit agréable ou désagréable, en ayant quelqu’un d’autre à l’esprit. J’ai rencontré des migrants qui travaillaient dans les mines de diamants d’Afrique du Sud. Ils enduraient de longues heures dans les profondeurs de la terre pour envoyer de l’argent à leurs familles.
La contemplation a été décrite comme « un long regard d’amour sur le réel ». C’est ainsi que Dieu regarde notre monde. Ensuite, Dieu « se met en marche » et intervient en notre faveur. En ce sens, Dieu est LE « contemplatif en action ». Il en va de même pour Jésus. Il prie, il travaille, il souffre, mais toujours en présence de son Père. Il a un cœur qui sait discerner, c’est pourquoi il peut dire : « Je fais toujours ce qui lui plaît » (Jean 8:29). En tant que ses compagnons, nous essayons de l’imiter. Ce n’est pas un hasard si les premiers jésuites ont voulu être connus comme « compagnons de Jésus ».

Brian Grogan SJ, Trouver Dieu en toutes choses

Pour en savoir davantage

Dieu promet d’être toujours avec nous

Nous devrions garder l’œil et l’oreille ouverts dans la liturgie et dans notre lecture de la Bible pour repérer les nombreuses références à Dieu qui est « avec » nous et les autres serviteurs qu’il a choisis, pour pouvoir apprécier leur pleine signification théologique. Cela devrait nous encourager à apprécier la profondeur et toutes les implications de la salutation universelle apparemment simple avec laquelle nous, chrétiens, sommes si familiers qu’elle nous échappe régulièrement sans que nous l’appréciions : Le Seigneur soit avec vous ». L’entendre de la bouche du prêtre à la messe devrait nous arrêter régulièrement dans notre élan : ce n’est pas seulement une bénédiction, c’est toujours aussi un défi. Comme nous le voyons tout au long de la Bible, cela implique une mission particulière antérieure que nous avons personnellement reçue de Dieu. Elle devrait nous rappeler que Dieu promet d’être toujours « avec » nous, comme Jésus ressuscité l’a promis à ses disciples (Matthieu 28:20), indépendamment – et même à cause – de nos insuffisances, afin que Dieu puisse réaliser à travers nous ce qu’il nous demande à ce moment de notre vie. C’est là l’essentiel.

Jack Mahoney SJ, Un aperçu des Évangiles

Pour en savoir davantage

Se délecter, se réjouir et s’émerveiller de la réalité dans laquelle nous vivons

Nos sens internes et externes jouent un rôle important dans une vie humaine complète. Au cours des premiers mois de leur vie, les bébés « apprennent » en grande partie par leurs sens. Les adultes ont tendance à trop se fier à leur intellect quand ils recherchent la vérité. Par conséquent, nous ne profitons pas de l’enrichissement qu’offre une conscience aiguë des sens. Pour certains, cette dernière peut être absente sans pour autant être manquée. Il est plus facile de vivre pleinement sa vie lorsqu’on est pleinement enraciné dans le monde quotidien dans lequel nous nous trouvons, en utilisant à la fois ses capacités rationnelles et sensorielles. Si nous voulons vivre avec plus de profondeur, il est essentiel de prêter attention à nos sens. En d’autres termes, nous devons créer des moments où nous nous contentons consciemment de « rester debout et de regarder, d’écouter et de ressentir, de sentir et de goûter ».
Les incidents dans nos vies sont souvent vécus de manière automatique et non consciente. Dans certaines activités et circonstances, il doit en être ainsi. Par exemple, en conduisons une voiture, nous ne pouvons pas être conscients de chaque mouvement que nous faisons avec le frein ou le volant. Cependant, nous avons besoin de moments, si possible plusieurs fois par jour, où nous nous permettons délibérément de savourer, de nous réjouir et de nous émerveiller de la réalité concrète dans laquelle nous vivons. Les exemples peuvent être les suivants : remarquer les bruits environnants dans une rue animée, la vue depuis la fenêtre d’un bureau, la texture et/ou la saveur de la nourriture que nous mangeons, la beauté intérieure de la personne avec laquelle je converse, ainsi que la reconnaissance de la beauté de ce que je suis. En résumé, nous devons permettre à nos mondes intérieurs et extérieurs de nous nourrir dans les moments ordinaires comme dans les moments plus extraordinaires. Les moments cachés peuvent s’avérer être les joyaux qui font que la vie vaut la peine d’être vécue, voire même qu’elle est remplie d’émerveillement. Catherine McCann, Spiritualité et sens : Vivre pleinement sa vie

Pour en savoir davantage