Le charbon brûlant

Il existe une anecdote souvent racontée par les prédicateurs : un paroissien, qui assistait régulièrement à la messe, cessa soudainement d’y aller. Quelques semaines plus tard, le prêtre décida de lui rendre visite. C’était un soir froid, et il trouva l’homme seul chez lui, assis devant un feu de charbon crépitant.

Devinant le motif de la visite du prêtre, l’homme l’accueillit, le conduisit à un grand fauteuil près de la cheminée et attendit. Le curé s’installa confortablement sans dire un mot. Dans le silence pesant, il resta assis à contempler le feu.
Au bout de quelques minutes, le prêtre prit les pinces à feu, retira délicatement une braise incandescente et la déposa à l’écart, près de l’âtre. Puis il se rassit, toujours silencieux. Tous deux observèrent les braises.
Peu à peu, la flamme du charbon faiblit ; il y eut une lueur fugace, puis le feu s’éteignit. Bientôt, il fut froid et éteint. Le prêtre se releva, ramassa le charbon froid et éteint et le remit au centre du feu. Aussitôt, il se remit à luire, baigné par la lumière et la chaleur des braises environnantes.
La morale était simple : un seul morceau de charbon ne peut brûler seul ; il en faut beaucoup pour entretenir un feu qui ne s’éteint pas. Aucun chrétien ne peut longtemps ardemment se consacrer à Dieu sans le soutien constant de l’Église.

Paul O’Reilly SJ, L’espoir en toutes choses

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Que désirez-vous ?

La question « Que désirez-vous ? » est une question que Jésus pose souvent dans les Évangiles. La réponse à cette question révèle les priorités de chacun.
Lorsque Jésus interrogea l’aveugle, celui-ci répondit : « Rends-moi la vue. »
Au début de l’Évangile de Jean, Jésus interrogea les disciples de Jean-Baptiste, qui répondirent : « Où demeures-tu ? » Dans les deux cas, Jésus put répondre à sa question.
En revanche, lorsque la même question fut posée à la mère de deux des douze apôtres, Jacques et Jean, Jésus ne ne pu répondre. Puis la réponse de la mère révéla que sa priorité était que ses fils occupent des positions prestigieuses et honorifiques dans le royaume de Jésus. C’était méconnaître la nature du royaume que Jésus était venu proclamer.
C’est au moment même où Jésus, dépouillé de tout statut et de tout honneur, était suspendu à une croix romaine, qu’il fut publiquement proclamé roi. Cette proclamation, bien que savamment orchestrée, révélait paradoxalement une vérité. Jésus a pleinement révélé le royaume d’amour de Dieu dans ce moment de honte et d’humiliation extrêmes.
Jacques, Jean et les autres disciples devaient comprendre qu’ils s’engageaient dans un royaume sans aucun lien avec les royaumes de ce monde. Jésus ne se trouvait pas parmi les « chefs » et les « grands hommes » qui dominent leurs sujets et font étalage de leur autorité.
Son autorité se manifestait non pas en étant servi, mais par un service désintéressé et empreint d’amour envers autrui. Il en va de même pour tous ceux qui souhaitent devenir ses disciples. Aujourd’hui encore, l’œuvre de Jésus consiste à instaurer le royaume de Dieu sur la terre, et non à bâtir un autre royaume terrestre.

Martin Hogan, The Word is a Lamp on my Path

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Les chercheurs

Les Rois mages étaient probablement des astronomes et des philosophes originaires de Perse, mais surtout, ils étaient des chercheurs. Ils scrutaient le ciel à la recherche de signes astronomiques annonçant la naissance d’un grand dirigeant. Ils étaient attentifs aux signes des temps. Nous ignorons leurs convictions religieuses, et cela importe peu, car l’histoire des Rois mages est celle de personnes de toutes cultures, de tous pays et de toutes confessions qui entreprennent un voyage à la recherche de Dieu.
L’arrivée des Rois mages à Bethléem est un moment de grande joie et de grâce, car « entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère ; et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ».
Dieu se trouve dans la simplicité. Ayons le courage de sortir de notre zone de confort pour chercher Jésus, à l’exemple des Rois mages. Ils ignoraient ce qui les attendait, mais l’Évangile témoigne de leur joie et de leur allégresse à leur arrivée en ce lieu.
Triona Doherty et Jane Mellett, The Deep End : A Journey with the Gospels in the Year of Luke

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Faisons de nos cœurs un berceau pour Jésus

Alors que nous célébrons Noël, il nous est demandé d’ouvrir nos cœurs, de faire de nos cœurs un berceau – un endroit où accueillir et rencontrer Jésus. Quelle est la signification de cela ? Alors que nous écoutons l’histoire de Noël aujourd’hui, quel impact cela a-t-il sur nous ?
Peut-être que nous sommes comme les bergers, rayonnants de joie. Nous pouvons nous identifier à Marie, qui essaie encore de comprendre ce que tout cela signifie. Les deux peuvent être vrais en même temps. Il y a de la profondeur et de l’intimité dans la compréhension que Marie a de Jésus, alors que peut-être les bergers ont seulement effleuré la surface. Notre foi et notre relation avec Dieu évoluent avec le temps.Les hauts et les bas de la vie peuvent nous prendre par surprise, et nous pouvons nous retrouver à regarder les choses autrement. Quand l’agitation de l’Avent s’arrête, Noël a une façon de nous arrêter net, et nous avons soudain le temps de nous reposer dans l’émerveillement et de rendre grâce pour la fidélité de Dieu dans nos vies. C’est un temps pour s’asseoir avec Marie alors quelle chérit Jésus et réfléchit.

Tríona Doherty et Jane Mellett, The Deep End : Un voyage avec les Evangiles dans l’année de Matthieu

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Un mystère

De quoi réfléchir et prier chaque jour de cette semaine :

En termes religieux, nous dirions que Joseph est un homme de foi et d’observance, dans sa pensée et dans sa pratique religieuses. La visite de l’ange met à l’épreuve sa fidélité à Dieu et à Marie. Il ne les laisse pas tomber. Il a été appelé à être celui qui prendrait soin de Jésus et de Marie et aiderait à trouver une nouvelle ouverture pour le mystère de Dieu.
L’une des tentations de la religion est de trop ramener les choses vers le bas. La bonne religion est ouverte au mystère de la vie ; cependant, la vie nous met au défi et nous appelle. La vraie religion est ouverte au mystère. Nous avons besoin d’une église éclairée par la lumière de Dieu, comme l’était Joseph. Son fardeau a été allégé lorsqu’il s’est ouvert à Dieu, en acceptant de prendre Marie chez lui comme épouse, quoi qu’en pensent les autres. C’est l’annonciation à Joseph – la parole de Dieu adressée par l’ange à Joseph dans un rêve. Elle a ouvert un immense sens nouveau dans sa vie. Nous acceptons cette parole comme un élément central de notre vie, et la prochaine fois que nous rencontrerons la parole, elle se fera chair.

Donal Neary SJ, Réflexions sur l’Évangile pour les dimanches de l’année A

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Un changement de cœur

Ce n’est pas par hasard que nous rencontrons Jean-Baptiste et son message stimulant pendant l’Avent. Son appel au repentir ne nous enthousiasme peut-être pas, car nous sommes plutôt d’humeur festive ces semaines-ci, mais « se repentir » signifie littéralement « se retourner » ou « revenir » (metanoia). Il ne s’agit pas de nous culpabiliser, c’est plutôt une invitation à nous transformer, à tourner le dos à ce qui ne nous donne pas la vie et à embrasser ce qui nous aide à vivre une vie pleine et plus équilibrée.
De cette manière, nous créons un espace pour accueillir la grâce et l’amour du Christ à Noël, et nous redevenons conscients de sa présence aimante dans nos cœurs et dans le monde qui nous entoure. Cela est libérateur et nous permet de nous consacrer à l’amour et à la naissance de Dieu dans nos cœurs. La manière dont nous nous préparons au cours de ces semaines est importante et peut conduire à de nombreuses bénédictions. Aujourd’hui, Jean invite les personnes qui se sont rassemblées et nous-mêmes à un changement de cœur.

Tríona Doherty et Jane Mellett, The Deep End : Un voyage avec les Évangiles dans l’année de Matthieu

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Celle qui apporte Dieu

Au fil du temps, nos images de Marie se sont quelque peu aseptisées, en partie à cause des perceptions culturelles du rôle des femmes, mais aussi à cause de la corrélation de longue date dans la tradition de l’Église entre « sainteté » et « pureté » pour les femmes. Retournons aux racines de Marie, à son apparence première de jeune femme courageuse, décidée, essoufflée et excitée qui s’est précipitée dans la maison d’Élisabeth, enceinte de la promesse de Dieu, enceinte de joie, portant la Parole de Dieu et la transmettant. Beaucoup d’entre nous ont une dévotion particulière pour Marie. L’Avent est un moment idéal pour réfléchir à ce que Marie peut nous apprendre sur le fait d’être un disciple, un « porteur de Dieu » (Theotokos). Dieu demande à chacun d’entre nous d’être ceux qui apportent son amour et sa parole. Notre défi est de créer un espace pour Dieu au sein de toute notre expérience humaine, dans nos joies et nos déchirures. Suivons les traces de la première évangéliste, Marie. Écoutons également les expériences des femmes de notre Église et de notre société qui, par leur force et leur enthousiasme, poursuivent la tâche de porter le Christ dans et vers le monde.
Tríona Doherty et Jane Mellett, The Deep End : Un voyage avec les Évangiles dans l’année de Luc

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L’âme bien rangée

Pour nous, en ce temps de l’Avent, nous sommes appelés à réaliser que l’âme bien rangée, comme la maison bien rangée, exige des efforts. Cela ne se fait pas tout seul. Si nous voulons vraiment que le Seigneur vienne et reste un peu, nous devons préparer le terrain. Il s’agit de mettre de l’ordre dans la maison, dans l’âme. Quelque part et d’une manière ou d’une autre, nous devons réentendre les paroles du centurion et réaliser qu’elles sont aussi les nôtres : « Seigneur, je ne suis pas digne de t’avoir sous mon toit ». Pour cela, nous avons besoin d’un plan d’action, d’une sorte de carte routière, pour nous guider dans notre voyage.

Le sacrement de la réconciliation fournit une partie de cette feuille de route. Ses coordonnées sont déjà là pour nous, et le mouvement initial peut être trouvé dans « Bénissez-moi, Père, car j’ai péché ».

Vincent Sherlock, Que l’Avent soit l’Avent

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Le plus grand bien

Dans une culture individualiste, peut-être plus que jamais, nous devons apprendre la leçon que nous a donnée le Christ-Roi. Nous sommes les gardiens de nos frères et sœurs. Un dicton irlandais nous dit que : « Nous vivons dans l’ombre les uns des autres ». Si l’indépendance est une bonne chose, l’interdépendance est le plus grand bien – un cœur bienveillant et une main ouverte. Le sort des réfugiés de guerre a été bien documenté, mais il y a eu, et il y a encore, des voix inquiétantes pour s’y opposer. La rune irlandaise sur l’hospitalité dit :

Hier, nous avons vu un étranger.
Nous avons mis de la nourriture à manger,
De la boisson à boire,
De la musique à écouter.
Et avec le nom sacré du Dieu trinitaire
Nous avons été bénis, ainsi que notre maison,
Notre bétail et nos proches.
Comme le dit l’alouette dans son chant :
Souvent, souvent, souvent va le Christ
Sous les traits d’un étranger.

Ce n’est pas uniquement irlandais, bien sûr, car beaucoup de cultures savent instinctivement que nous devons honorer le cœur de l’étranger ; nous devons reconnaître à quel point cette personne nous ressemble ; nous devons nous souvenir de l’humanité de chaque personne. Accueillir l’étranger nous bénit tout autant que cela aide le bénéficiaire de notre hospitalité.

Dans la famille de Dieu, il n’y a pas d’étrangers, il n’y a que des parents pourrions nous dire. La parenté de tous avec tous est le rêve de Dieu devenu réalité. Il s’agit d’imaginer un cercle de compassion, et ensuite d’imaginer que personne n’est en dehors de ce cercle. Car tout ce que l’on fait avec amour a une valeur éternelle.

Aujourd’hui, le Christ-Roi nous dit : « Ce que vous faites pour les autres, vous le faites pour moi ».

Tom Cox, Le Messager du Sacré-Cœur, novembre 2023

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Dieu prend chacun de nous dans ses bras

Le Christ est ressuscité en nous. Parfois, nous sommes trop occupés pour voir cette vérité. Mais quand nous la voyons, quand nous réalisons que Dieu est vraiment en toutes choses et qu’il prend chacun de nous dans ses bras, alors nous changeons notre attitude et notre disposition. Nous désirons nous rendre disponibles pour ce Dieu d’amour et de compassion. Nous désirons rendre manifeste la volonté de Dieu.

Alors, nos mains cessent de travailler machinalement, et nous sommes mis à la disposition du rêve de Dieu. Nous permettons à l’esprit de Dieu de travailler à travers nos mains – à travers nos corps mêmes – humblement et patiemment, alors que nous discernons notre place unique dans le rêve de Dieu. Nos mains apprennent à faire le travail du Seigneur alors que nous entrons plus profondément dans le mystère de la personne même de Dieu.
Eric Clayton, Le Messager du Sacré-Cœur, septembre 2023

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